La décarbonification de l’économie africaine devient un enjeu stratégique majeur à l’heure de la transition énergétique mondiale. L’Afrique, bien que responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est l’une des régions les plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables et des technologies bas carbone s’impose comme un levier crucial de résilience, de croissance et d’attractivité économique.
Le continent africain possède un potentiel considérable dans le domaine des énergies vertes : plus de 10 térawatts de potentiel solaire, 350 gigawatts de potentiel hydroélectrique, 110 gigawatts d’éolien, et un fort potentiel en géothermie notamment en Afrique de l’Est. Selon l’IRENA, la capacité installée en énergies renouvelables en Afrique a franchi les 60 GW en 2023, avec des perspectives de croissance rapide dans les années à venir.
Des pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya ont initié de vastes programmes d’investissement dans le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité. Le projet Noor au Maroc est l’un des plus grands complexes solaires au monde, tandis que l’Afrique du Sud développe ses REIPPP (Renewable Energy Independent Power Producer Procurement Programme). L’Égypte a mis en place le parc solaire géant de Benban, et le Kenya tire plus de 80 % de son électricité de sources renouvelables.
La décarbonification passe aussi par le développement de filières industrielles vertes : électrification des transports, production d’hydrogène vert (notamment en Namibie, en Mauritanie et en Afrique du Sud), conversion des réseaux thermiques en réseaux propres, et promotion de l’efficacité énergétique. Des projets pilotes soutenus par la Banque Africaine de Développement et des fonds climatiques visent à accélérer la transition dans les secteurs de l’industrie, du bâtiment et de la mobilité.
Le financement de la transition énergétique reste un défi central. L’Afrique ne reçoit actuellement que 3 % des investissements mondiaux en énergies renouvelables. Pour combler ce retard, plusieurs initiatives sont en cours : partenariats public-privé, mécanismes de garanties de risque, émissions d’obligations vertes, et renforcement du cadre réglementaire et institutionnel. Des alliances comme l’Alliance pour l’hydrogène vert et le Programme Désert à Énergie illustrent ces efforts.
En intégrant les objectifs de développement durable et les engagements climatiques (CDN), les États africains s’orientent progressivement vers une économie plus sobre en carbone, tout en répondant à une demande énergétique croissante. La transition énergétique en Afrique représente non seulement un impératif écologique mais aussi une opportunité économique pour attirer des investissements durables et favoriser l’innovation technologique locale.
