Le gaz naturel en Afrique : moteur de la transition énergétique

Le gaz naturel occupe une place de plus en plus importante dans le mix énergétique africain. Grâce à des réserves estimées à plus de 500 trillions de pieds cubes, soit environ 7 % des réserves mondiales, l’Afrique dispose d’un levier stratégique pour répondre à la demande énergétique interne tout en renforçant ses capacités d’exportation.

Le Nigeria est le leader continental avec plus de 5 500 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. Il dispose d’installations de liquéfaction de gaz à Bonny Island et développe de nouveaux projets de GNL pour augmenter sa capacité exportatrice. L’Algérie est le deuxième producteur africain de gaz et l’un des principaux fournisseurs de l’Europe. Son réseau de pipelines transméditerranéens (Transmed et Medgaz) lui permet d’acheminer efficacement son gaz vers l’Italie et l’Espagne.

L’Égypte, avec des découvertes majeures comme le champ Zohr, est devenue un acteur clé dans l’exportation de GNL. Ses deux terminaux (Idku et Damiette) lui permettent d’être un hub régional de production et de réexportation. Le Mozambique s’impose comme un nouvel entrant de poids avec le projet Rovuma LNG, soutenu par les majors ExxonMobil, TotalEnergies et ENI. Le pays devrait devenir l’un des plus grands exportateurs de GNL d’Afrique dans les années à venir.

Les pays d’Afrique de l’Ouest tels que le Sénégal et la Mauritanie développent conjointement le champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA), qui constitue un projet emblématique du développement gazier en Afrique de l’Ouest. À cela s’ajoutent des projets de terminaux flottants (FLNG) et des interconnexions régionales pour le transport du gaz.

Outre les exportations, le gaz est de plus en plus utilisé pour renforcer l’accès à l’énergie domestique. De nombreuses centrales électriques à gaz sont en construction ou en opération, notamment au Ghana, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Kenya. Ce choix technologique permet de réduire la dépendance au fioul, d’abaisser les coûts énergétiques et de limiter les émissions de CO2.

À l’échelle continentale, des projets ambitieux tels que le gazoduc Nigeria-Maroc, long de plus de 5 000 km, pourraient transformer le paysage énergétique africain en favorisant l’intégration régionale, la sécurité énergétique et la transition vers des énergies plus propres.

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